Mahi Mahi et mal de mer

Article datant de mon séjour en Guadeloupe de janvier à mai 2017
Depuis mon arrivée en Guadeloupe fin janvier, un de mes objectifs était de faire au moins une sortie en haute mer à la recherche de poissons pélagiques (dorade coryphène, thon, marlin,…). Alors que je m’amusais sur de petits poissons en rock fishing un dimanche après midi, j’ai eu l’occasion de rencontrer Simon, un pêcheur professionnel qui accepta de m’accueillir sur son bateau le jeudi suivant.
Petit mérou à points bleus
Comme c’est le cas, je pense, pour beaucoup d’autres pêcheurs, j’ai eu de grandes difficultés à trouver le sommeil mercredi soir suite à l’excitation de la sortie du lendemain. Rendez-vous au port de pêche à 5h15 !
Simon arrive accompagné de Roy, un autre belge installé en Guadeloupe depuis 2000. Voilà de quoi partager quelques anecdotes sur notre plat pays d’origine, la journée s’annonce bien ! Le matériel et les appâts chargés, nous mettons le cap vers le premier DCP que nous allons pêcher et qui se trouve à environ 18 miles du port. Un DCP, Dispositif de Concentration de Poisson, est constitué de bouées auxquelles on attache un filet ou une branche de palme (qui attire le phytoplancton et crée rapidement une chaîne alimentaire attirant des poissons de toutes tailles) reliés à une corde de 2 à 3  kilomètres et maintenues au fond par un poids de 300-400kg.
Capture d’écran 2017-10-10 à 17.18.18.png
Dès le départ, Simon m’annonce que la mer est agitée. Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est qu’il y a de bonnes chances que j’ai le mal de mer. Le comble pour un pêcheur ! Dans le doute, j’ai suivi les conseils qu’on donne aux personnes qui en sont atteintes: avoir l’estomac bien rempli (afin d’éviter de vomir à vide) et prendre un cachet contre les effets de la houle sur l’oreille interne (Nautamine). Nous naviguons à bonne vitesse malgré les creux et jusque là, tout va bien et je suis très optimiste. Je ne savais pas encore ce qui m’attendait…
Sur le trajet, Simon et Roy remarquent au loin des frégates et fous de Bassan plongeant pour se nourrir. Ils me préviennent de bien regarder autour de nous car c’est souvent le signe de la présence de dauphins. Et en effet, ce fut le cas ! Tout d’abord 2,3,4 et jusqu’à 10 dauphins entourent le bateau et viennent nager devant nous, je suis aux anges ! Dans l’euphorie du moment, je ne pense même pas à prendre de quoi filmer ou prendre des photos et admire ces magnifiques mammifères danser autour de nous avec mes yeux d’enfant.
Arrivés au premier DCP, nous stoppons le bateau et mettons les lignes à l’eau. Et en quelques minutes, mon calvaire commence. La houle est assez conséquente, le bateau est très mouvementé et je commence à ressentir une impression de nausée. Aïe !
Les minutes passent, je vais de moins en moins bien mais continue à pêcher et prends rapidement une petite carangue baniane d’environ 50cm à la lame vibrante. La puissance de ces poissons et tout simplement incroyable et même si elle fut piquée juste devant le bateau, elle me livra un combat que je ne suis pas prêt d’oublier.
Pour la première fois de ma vie, je pose ma canne dans le bateau alors que nous venons d’arriver et décide d’arrêter de pêcher: je me sens vraiment très mal et de grosses gouttes coulent le long de mon visage alors que je n’ai pas chaud. Pas de doute, c’est bien le mal de mer !
Je ne pêche plus depuis quelques instants quand Simon annonce un poisson et me donne la canne. Le frein chante et je ressens une énorme pression à l’autre bout de la ligne. Je pompe le poisson avec le peu de force qu’il me reste et vois arriver ma première dorade coryphène. Yes, objectif atteint !
Quel poisson aux couleurs magnifiques, je n’en reviens pas. Malheureusement, mon état fait que j’oublie de faire une photo. C’est pour dire à quel point je me sentais mal…
Capture d’écran 2017-10-10 à 17.24.09.png
Après ce poisson, je ne tiens vraiment plus le coup et vais m’étendre dans un coin du bateau. Je reprendrais encore une dorade avant de ne plus pouvoir pêcher et être dans l’obligation de rester couché, dans un état de somnolence. Je passerai près de 2h30 couché par terre pendant que Simon et Roy continuent à prendre du poisson.
Ils décident de changer de DCP après une baisse d’activité des poissons et me réveillent. Et là, à peine debout, c’est le vomi par dessus bord en bonne et due forme.
Heureusement, les vagues ne se font pas ressentir lorsque nous naviguons et le trajet vers le prochain spot me donne un peu de répit. Totalement déshydraté, j’en profite pour boire de l’eau.
A l’arrivée au DCP, je ne suis toujours pas en état de tenir debout et laisse mes compagnons pêcher alors que je me rendors au sol. Ce scénario perdura pendant une bonne partie de la journée, je suis dégouté mais incapable de faire autrement. Simon et Roy pêchent avec une finalité commerciale et même si j’étais au plus mal, je préférais subir un peu la situation plutôt que de leur demander de rentrer.
Une heure plus tard, Simon m’annonce que nous allons faire cap vers le retour et que nous ferons arrêt sur deux DCP en chemin.
Légèrement retapé par le trajet d’une bonne vingtaine de minutes, je suis bien motivé à re-pêcher. Nous arrivons sur le DCP, Simon monte une petite bonite à l’hameçon et me dit « si il y a une dorade dans le coin, c’est bingo ! ». Il finit sa phrase et ressent une touche à une quarantaine de mètres, c’est pendu ! Il me donne la canne, sachant que le combat me ferait oublier ma souffrance du moment.
Je prends contact avec le poisson et me rends rapidement compte que j’ai affaire à un client beaucoup plus sérieux. Le frein est presque fermé à bloc, je suis pendu à la canne et le poisson continue à arracher du fil du moulinet avec force. Quelle puissance !
Capture d’écran 2017-10-10 à 17.17.40.png
Le poisson se rapproche doucement et commence à lutter sous le bateau. Je reste sans voix dans cette lutte contre ce qui est probablement le poisson le plus combatif que j’ai pu avoir au bout d’une canne jusqu’à présent. De la même manière qu’un aspe ou une carangue, ce poisson haut et plat se positionne en travers, ce qui rend la tâche de le ramener en surface encore plus difficile.
Je vois devant moi de grands reflets bleus et jaunes se rapprocher, c’est une belle dorade ! Alors qu’elle se rapproche de la surface, elle fait un saut devant moi. A cet instant, le mal de mer est loin derrière moi !
Quelques instants après, je parviens enfin à la ramener à mes pieds, Roy la gaffe pour moi et nous posons pour une photo.
C’est ma troisième et plus grosse dorade d’une journée qui aura été pleine de péripéties pour moi !
Quel poisson à la robe superbe, je n’en reviens toujours pas !
Nous nous arrêtons sur un dernier DCP et, le mal de mer n’étant pas curable, je vomis toute l’eau que j’avais bue. De quoi bien finir la journée ! Je me sens tout de même légèrement mieux après ça et nous nous dirigeons vers le port.
Après cette journée assez difficile (pour ma part), nous partageons une bière avec Roy et Simon autour d’un excellent repas que sa femme nous a préparé. Du riz avec du foie de dorade en sauce; inattendu et excellent !
Malgré ma faiblesse en mer, je n’ai tout de même pas l’intention de renoncer si facilement et ai bien l’intention de remettre ça. En espérant juste que la mer soit plus calme la prochaine fois !
 Retrouvez la vidéo de ma deuxième sortie en mer ici !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s